Le DPE des logements de la Reconstruction à Boulogne-sur-Mer
Mis à jour : août 2026
En bref
Boulogne-sur-Mer conserve 29,0 % de logements bâtis avant 1948, la part la plus élevée parmi les villes reconstruites que nous suivons, pour 40,3 % de logements datant de 1948-1974. Deux parcs coexistent, avec deux profils énergétiques.
Une destruction inégale
La ville basse et le port ont été très largement détruits, tandis que la ville haute, ceinte de ses remparts, a mieux résisté. Cette géographie de la destruction se lit encore dans les données.
29,0 % du parc boulonnais date d'avant 1948, contre 6,4 % à Saint-Nazaire ou 6,7 % à Lorient. La reconstruction représente 40,3 %, une part importante mais loin d'être écrasante.
Deux parcs, deux logiques de travaux
Le bâti de la ville haute présente des maçonneries anciennes en pierre et en brique, avec les contraintes patrimoniales d'un secteur fortifié : isolation par l'extérieur généralement exclue, doublage intérieur obligé.
La reconstruction de la ville basse offre l'inverse : ossature béton, façades sans valeur patrimoniale particulière, donc isolation par l'extérieur envisageable, plus efficace et sans perte de surface habitable.
Des écarts de note modérés
11,0 % des logements de la cohorte 1948-1974 sont classés F ou G, contre 9,9 % pour l'ensemble de la ville. L'écart existe mais reste plus faible qu'ailleurs.
Cela tient au fait que le parc ancien boulonnais, important en volume, tire aussi la moyenne vers le bas : la ville n'oppose pas un bâti ancien performant à une reconstruction médiocre, les deux ayant leurs faiblesses propres.
Ce que la reconstruction a produit ici
Immeubles de rapport à ossature béton, remplissage en agglomérés sans isolant, toitures-terrasses ou combles peu traités à l'origine, menuiseries bois à simple vitrage largement remplacées depuis.
84 % des logements de cette cohorte sont des appartements. Les travaux d'enveloppe relèvent donc essentiellement de décisions de copropriété, votées en assemblée générale.
Le gaz, puis le réseau
48 % de la cohorte est chauffée au gaz et 26 % raccordée à un réseau de chaleur. Sur les logements au gaz, le passage à une chaudière à condensation apporte un gain réel mais borné.
Sur un logement non isolé, ce changement déplace rarement la classe de plus d'une lettre, là où une isolation de façade en fait gagner deux. L'ordre compte : isoler avant de changer permet de dimensionner plus petit.
Le vent, facteur boulonnais
Le littoral du Pas-de-Calais est parmi les plus ventés de France. Ce contexte pèse moins sur les besoins de chauffage, les hivers étant doux, que sur l'étanchéité à l'air.
Un immeuble exposé perd beaucoup par infiltration. Traiter les joints de menuiseries, les coffres de volets roulants et les entrées de gaines produit ici un effet supérieur à ce qu'il vaut à l'intérieur des terres, pour un coût faible.
L'ordre des travaux
Sur ce bâti, la hiérarchie ne varie pas : enveloppe d'abord, étanchéité à l'air ensuite, équipement en dernier. Les passoires thermiques de la cohorte gagnent le plus à l'isolation de façade.
Un audit énergétique chiffre les scénarios et permet de vérifier que le gain annoncé justifie la dépense, ce qui est loin d'être toujours le cas si l'on commence par la chaudière.
À la vente ou à la location
Le DPE accompagne les autres diagnostics de vente. Le parc ancien de la ville haute déclenche le constat plomb pour les logements antérieurs à 1949, ce qui n'est généralement pas le cas de la reconstruction.
Le repérage amiante s'applique aux deux, jusqu'aux permis de 1997. L'état des risques y ajoute la submersion marine.
Questions fréquentes
Boulogne a-t-elle été entièrement détruite ?
Non. La ville basse et le port ont été très largement rasés, mais la ville haute ceinte de remparts a mieux résisté. 29,0 % du parc date encore d'avant 1948.
Quelle part du parc date de la Reconstruction ?
40,3 % des logements diagnostiqués relèvent de 1948-1974. C'est une part importante mais loin d'être écrasante, comparée aux 62,2 % de Lorient ou aux 53,8 % de Saint-Nazaire.
Peut-on isoler par l'extérieur ?
Dans la ville basse reconstruite, généralement oui : les façades n'ont pas de valeur patrimoniale particulière. Dans la ville haute fortifiée, c'est rarement possible et le doublage intérieur s'impose.
Le vent influence-t-il le DPE ?
Il pèse surtout sur l'étanchéité à l'air, les hivers étant doux. Traiter les joints de menuiseries, les coffres de volets et les entrées de gaines est ici particulièrement rentable.
Faut-il un constat plomb sur un logement de la Reconstruction ?
Généralement non : le constat vise les logements antérieurs à 1949. Il concerne en revanche le parc ancien de la ville haute. Le repérage amiante, lui, s'applique jusqu'aux permis de 1997.
Sources officielles
- Service-Public.fr : Diagnostic de performance énergétique (DPE) · Obligations, validité et contenu du DPE.
- ADEME : Observatoire des DPE et audits · Statistiques publiques des DPE réalisés en France.
- Géorisques (ministère de la Transition écologique) · État des risques par adresse (inondation, argiles, termites, radon).
- Annuaire officiel des diagnostiqueurs certifiés · Vérifier la certification d'un diagnostiqueur.